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Documentaires
9 (Fall 1994), 179-187.
Rudes, mal faits,
mais vivants: le cinéma indépendant américain
Nous
ne voulons pas de films faux, "bien faits", roublards--nous
les préférons rudes, mal faits, mais vivants;
nous ne voulons pas de films "roses"--nous les
voulons de la couleur du sang.
-Première
déclaration du Groupe Nouveau du Cinéma Américain,
1961.
La
fin du système des studios
L'avènement
du cinéma indépendant américain est lié
directement avec l'écroulement du système des
studios d'Hollywood pendant les années cinquante. Les
grands studios ont perdu leur monopole vertical de production,
de distribution, et d'exploitation des films. Lors de la décision
Paramount en 1948, Paramount, Fox, Columbia, MGM, Warners ont
été obligé de vendre leurs salles de cinéma
à travers tout le pays. Les producteurs, les stars, les
metteurs en scènes, les scénaristes n'étaient
plus des employées de studio; plusieurs d'entre eux,
comme Otto Preminger, ont créés leurs propres
ateliers. Ce qu'André Bazin appelait "le génie
du système," y compris le classicisme du cinéma
américain, n'était désormais plus en place.
Petit
à petit pendant les années cinquante et soixante,
pour les même raisons, la censure cinématographique
du Code de Production Hayes s'est effondrée. La cour
suprême, lors d'un procès contre Amore de
Roberto Rossellini, a décidé, pour la première
fois aux Etats-Unis, que le cinéma deviendrait un moyen
d'expression comme les autres, ceci annulait une fameuse déclaration
de 1915 qui définissait le cinéma comme un "business"
tout court. Le cinéma est donc devenu, du point de vue
du droit commun, un art. Pendant cette période, comme
le montre l'exemple d'Amore cité avant, les grands
films européens d'après guerre ont trouvé
leurs publics dans les grandes villes américains comme
Columbus, New York, Philadelphie, et Boston. Ces films de Rossellini,
de Fellini, et de Bergman ont contesté le récit
classique d'Hollywood aussi bien que les thèmes jugés
jusqu'à ce jour légitimes pour le cinéma.
Pendant cette période, Preminger a distribué ses
films, comme L'Homme au bras d'or, sans le cachet de
la censure cinématographique, MPDAA.
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Mais plus importante encore, en ce qui concerne la chute des studios,
fut l'arrivée de la télévision qui, vers
1960, a remplacé le cinéma comme divertissement
quotidien du peuple américain. Le cinéma ne s'adresserait
plus jamais aux grand public américain de la même
manière. Rapidement, les studios ont découvert l'importance
des jeunes dans le marché cinématographique; les
"teen-pics" des années cinquante--tout comme la popularité
soudaine de James Dean--témoigne de la fragmentation du
public par l'âge. Le système des classements par
âge--interdit aux moins de 18 ans ou aux moins de 13 ans--arrive
peu de temps après. (D'ailleurs, on voit arriver plus ou
moins la même chose a la télévision puisqu'à
cause du câble, les trois grands réseaux ABC, NBC,
et CBS ont perdu leur monopole auprès du grand public.
Peu de programmes aujourd'hui réunissent la moitié
de la population américaine autour de leurs téléviseurs
comme autrefois dans les années soixante-dix et quatre-vingt.)
Pendant les années
cinquante, une mentalité de superproduction s'installe
à Hollywood et ne le quitte pas jusqu'à nos jours.
Hollywood lutte contre l'invasion du petit écran avec
des films tournés en panoramique, en couleurs, en reliefs,
à grands spectacles comme Spartacus. N'ayant plus
le contrôle ni la garantie de l'exploitation de leurs
produits, les studios ne tournent plus de films de série
"B", la production des films à petit budget est laissée
désormais aux indépendants de toutes sortes. La
série "B" indépendante deviendra l'école
de Roger Corman, le terrain d'exercice de futurs réalisateurs
comme Francis Ford Coppola, Jonathon Demme, Dennis Hopper, et
Jack Nicholson.
Déclarations
d'indépendance: le cinéma d'avant-garde
Il y a plusieurs
sortes de cinéma aux États-Unis qui font appel
à l'indépendance; le titre "d'indépendant"
mérite un insigne d'honneur, il symbolise qu'on est un
homme libre, anticonformiste, luttant contre les pouvoirs établis.
Le travailleur indépendant fait partie intégrale
de l'idéologie américaine depuis Thomas Jefferson.
Un cinéaste indépendant n'est donc pas un homme
de la firme, un cadre, un employé ou un simple rouage
dans la machine. Jon Jost préfère se définir
comme un hors-la-loi tandis que le scénariste de Highway
Patrolman admet que le personnage du flic isolé
de sa communauté vient de ses expériences en tant
qu'écrivain à Hollywood depuis dix ans.
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À l'une extrême du cinéma indépendant,
il y a les cinéastes de l'avant-garde comme Stan Brakhage
qui refuse totalement les conventions d'Hollywood: le récit
narratif classique, les grand valeurs de production, et les stars.
Brakhage rejette même les images figuratives en faveur de
l'abstraction, du jeu de lumière et des couleurs. La majeure
partie de ses films, qui lui ont valu le titre de "plus grand
cinéaste américain" de la part d'un célèbre
critique, ont été tourné en Super-8mm sans
bande sonore. Dans leurs recherches sur la matérialité
de l'art cinématographique, d'autres cinéastes expérimentaux
ont tourné des films sans prises de vues, même sans
pellicule.
Ce refus de l'avant-garde
n'opère pas exclusivement au niveau du texte, mais aussi
au niveau des modes de production et de distribution. Beaucoup
de ces films ne sont montrés qu'à des projections
en musée ou bien aux festivals de cinéma. De même,
le chef de file de l'avant-garde américaine, Jonas Mekas,
a fondé en 1962 une coopérative à but non
lucratif pour distribuer les copies de ces films. Brakhage est
allé jusqu'à refuser cette distribution en faisant
appel à ses amis de l'avant-garde pour montrer leur films
sur projecteurs Super-8mm dans leurs propres maisons, empruntant
les méthodes des films de famille. Bien que les innovations
formelles de l'avant-garde des années soixante fassent
partie intégrante de la publicité d'aujourd'hui,
ce cinéma maudit reste, par définition, un cinéma
indépendant à l'écart, et toujours opposé,
aux objectifs d'Hollywood.
Même si une
partie du cinéma d'avant-garde se rapproche au cinéma
dominant avec des films de dialogues, ce sont des commentaires
sur la machine à rêves, comme les films de George
Kuchar. D'autres n'ont absolument rien à voir avec un
film comme Le Fugitif. Le monde de l'avant-garde
cinématographique ne s'entremêle pas à celui
d'Hollywood; je ne pourrais pas vous citer un seul cinéaste
expérimental qui a fini par tourner des films de fiction
au coeur du système post-studio des trente dernières
années. Le cinéma d'avant-garde reste une partie
importante de la production indépendante américaine
bien qu'en ce moment il se trouve un peu à bout de souffle,
balayé par la vidéo.
Déclarations
d'indépendance: le cinéma documentaire
Et puis, il y a les
documentaristes du cinéma indépendant, comme Frederick
Wiseman, qui cherchent à faire un cinéma de la
vie quotidienne.
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Même si ces documentaristes préfèrent un style
plutôt réaliste, racontant des histoires avec des
personnages forts, ils s'opposent tout naturellement à
l'hégémonie hollywoodienne, à l'idéalisation
des institutions sociales, à la mystification des rapports
sociaux, et à la vie brillante du cinéma de fiction.
Tout documentariste cherche à exprimer sa propre version
de la réalité américaine. Wiseman est le
cinéaste indépendant par excellence. En tant que
producteur, metteur en scène, preneur de son, monteur,
et distributeur, il maîtrise la production de son oeuvre
cinématographique qui compte déjà une trentaine
de long métrages tournés depuis 1967. Woody Allen
est peut-être le seul metteur en scène américain
qui est digne du titre "d'auteur" autant que le mérite
Wiseman. La plupart des documentaires produits en ce moment aux
États-Unis, tout comme ceux de Wiseman, sont destinés
aux circuits de distribution en marge des salles de cinéma,
y compris la télévision publique, les chaînes
câblées, la vidéo, les lycées, les
universités, les hôpitaux, les syndicats, les églises,
et toutes les associations privées que de Tocqueville voyait
comme typiquement américain.
Aux États-Unis,
contrairement à ce qui se passe en Europe, il y a peu
de rapports entre le monde des documentaristes et le monde des
réalisateurs et techniciens de fiction. Le cinéma
documentaire n'est pas un tremplin pour arriver à travailler
à Hollywood. Les thèmes, les styles et les propos
des films documentaires ne partagent pas les préoccupations
d'Hollywood pour le sexe, la violence, l'amour, et les histoires
de couple. Rares sont les metteurs en scène à
Hollywood qui viennent de l'école documentaire ou même
d'une formation de documentariste. Pour cette raison, peu de
réalisateurs américains créent une oeuvre
cinématographique qui mélange films de fiction
et films documentaires, comme le font Werner Herzog ou Alexander
Kluge. Il y a quelques exceptions comme Jonathon Demme qui ne
font que conformer la règle; faut-il ajouter aussi que
ce cinéaste fait plutôt partie du cinéma
indépendant que celui d'Hollywood, malgré le succès
éclatant du Silence des agneaux.
Une fois terminé ce film, Demme a tourné un long
métrage documentaire, Cousin Bobby, qui
raconte la vie de son cousin, engagée dans la politique
d'extrême gauche depuis les années soixante, démontrant
ainsi sa marginalité vis-à-vis du système
commercial. (Je citerai aussi le cas d'Errol Morris, réalisateur
du Breve histoire du temps, qui vient de tourner son
premier long métrage.)
Le cinéma
documentaire reste une partie intégrale et vitale du
cinéma indépendant. Il est dommage que cette rétrospective
ne laisse pas place aux efforts remarquables des documentaristes
des dernières années. Le cinéma
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documentaire est l'ancêtre le plus ancien du mouvement indépendant
dans toutes ces formes. Quand Flaherty a tourné son premier
long métrage, Nanouk en 1922, il a été
à la fois producteur, cameraman, metteur en scène,
laboratoire (parce qu'il a développé et imprimé
ses rushes sur place), et monteur; autrement dit, Flaherty fut
le premier cinéaste indépendant américain.
Après le grand succès de Nanouk, ses films
ont été produit par Paramount, mais Flaherty est
toujours resté un cinéaste dissident, sui
generis.
Déclarations
d'indépendance: la fiction
Le premier grand
essor du cinéma indépendant de fiction date du
début des années soixante quand, à New
York, des cinéastes de la génération Beat
ont tenté de reproduire le succès de la nouvelle
vague française. Des 1960, le matériel 16mm, depuis
longtemps le format des amateurs de cinéma, est perfectionné;
il s'agit d'une camera légère 16mm avec un appareil
de prise de son synchrone mis au point par des documentaristes
américains, français, et canadiens. Pour la première
fois, on peut tourner des longs métrages avec des petites
équipes sans éclairages artificiels. Des cinéastes
comme Rouch, Godard, et Cassavetes rejettent le scénario
écrit en faveur de l'improvisation des comédiens
et des metteurs en scène pendant le tournage. Malgré
ces efforts, pendant les années soixante aux États-Unis,
ce sont surtout le cinéma d'avant-garde et le cinéma
documentaire qui font bouger le monde des arts.
Le cinéma
indépendant de fiction a pris un deuxième souffle
à la fin des années soixante-dix quand le premier
marché annuel du film indépendant eut lieu à
New York. Soulignons ici l'importance capitale du festival annuel
de Sundance, animé par Robert Redford et dédié
au film indépendant, qui date de 1981. Pendant les années
quatre-vingt, les tendances du cinéma d'avant-garde ont
été absorbées par les long métrages
de fiction; je cite par exemple le premier film de Jim Jarmusch,
Stranger Than Paradise (1984). L'avant-garde
new yorkais, de David Byrne à Laurie Anderson, s'est
tourné vers les long métrages de fiction.
Bien sur, le cinéma
indépendant de fiction est le plus proche d'Hollywood
dans son ensemble. Des cinéastes comme Robert Rodriguez
ont réalisé leur long métrage selon les
critères établis par Los Angeles, afin de pouvoir
y accéder, tandis que d'autres, comme John Sayles, utilisent
le cinéma indépendant par choix esthétique
et politique. Il y en a d'autres encore qui travaillent depuis
longtemps plus ou moins en marge du système améri-
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cain, tel Woody Allen, ou Robert Altman qui a choisi l'exile en
Europe pendant bien des années avant le retour du Player.
Ceux-ci font des films d'auteur qui sont tolérés
par l'ordre établi. Les cinéastes indépendants
demeurent ambivalent a l'égard de l'industrie hollywoodienne.
Plusieurs d'entre eux depuis leurs enfances ont admiré
les oeuvres classiques du cinéma américain vus à
la télévision.
Quentin Tarantino,
metteur en scène de Resevoir Dogs et scenariste
de True Romance, a décrit les trois voies
du cinéma de fiction aux États-Unis. La première
voie est celle d'un réalisateur commercial d'Hollywood.
La deuxième voie est celle d'un auteur pur comme Cassavetes,
qui reste d'ailleurs totalement inconnu aux États-Unis,
tournant des films d'art pour un public d'élite. La troisième
voie, où Tarantino espère s'installer, non sans
difficulté, se trouve entre le film de genre et le film
d'art. D'autres comme Alex Cox, réalisateur de Sid
et Nancy et de Highway Patrolman,
se sont brûlés les mains en travaillant à
Hollywood. Après le succès de Repo Man,
Cox a eu l'occasion de mettre en scène Robocop;
il l'a refusé. Il a préféré quatre
ans de silence au Mexique à la chaîne de montage
d'Hollywood. À propos des films américains, il
dit sévèrement, "Hollywood existe pour que le
public américain déteste les étrangers,
prépare à la guerre, aime la police, et pour encourager
les 'Yuppies' à avoir des enfants, les mêmes buts
de l'industrie allemande du Troisième Reich."
Mode de Production
Depuis longtemps
les studios hollywoodiens ne cherchent que les superproductions,
laissant fleurir les films à petits budgets dans les
champs du cinéma indépendant. Il n'y a pas d'école
de cinéma indépendant américain, il ne
s'agit pas de mouvement esthétique ou même politique
cohérent; les films choisis pour cette rétrospective
reflètent la diversité actuelle du cinéma
indépendant de la cote ouest. Parmi eux se trouvent des
films de genres familiers aux amateurs du cinéma classique:
le policier, le mélodrame, le "road movie." D'autres
refusent les contraintes et les rigueurs des récits bien
faits en faveur de leur propre style de narration. D'autres
encore rejettent le système des stars soit par manque
d'argent soit par choix esthétique. Jost par exemple
préfère trouver ses comédiens parmi les
gens qui se trouvent sur place: plusieurs acteurs dans Sure
Fire viennent tout simplement de la ville d'Utah
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où le tournage eut lieu.
De nombreux réalisateurs
indépendants prennent leur slogan de la publicité
de Nike, "JUST DO IT," un esprit d'entrepreneur typiquement
américain. C'est-à-dire, qu'ils vont avec insouciance
produire leurs films en dépit du manque d'argent, de
matériel, d'expérience, entre amis, et sans garantie
fiscale. Rodriguez a fait le bilan des biens, des extérieurs,
des accessoires qu'il avait sous la main a l'époque du
tournage de El Mariachi et écrit le scénario
à partir de ces disponibilités: de la nécessité
naît l'invention. Rejettant la division rigide du travail
industriel d'Hollywood, Robert Rodriguez a écrit, réalisé,
photographié, pris le son, produit, et monté El
Mariachi, réunissant ainsi l'équivalent
d'une équipe d'une cinquantaine de personnes en une seule.
Le mode de production indépendant va d'un film comme
Together Alone, tourné de bouts de ficelles
dans un appartement en quelques semaines pour un prix très
bas, environs 34,000FF, ce qui est un film "sans budget," à
un film comme Le Garçon d'Honneur
qui a coûté environs 5,5 million FF, film à
"petit budget."
Le cinéma
en Europe
Pour les publics
européens, il est difficile de concevoir un cinéma
indépendant puisque le cinéma européen
ne s'est jamais formé sur le modèle des studios
à la Hollywood; il y a eu depuis toujours en France beaucoup
de producteurs indépendants. Le cinéma européen
est indépendant à peu près de la même
manière que l'est le cinéma indépendant
américain. Le cinéma indépendant américain
est lié à l'Europe par d'autres façons
encore. Le marché cinématographique ne permet
que très rarement la réussite commerciale de ces
films aux États-Unis. Les films de Jarmusch, par exemple,
trouvent leur rentabilité ici et au Japon, mais pas forcément
en Amérique. Si vous alliez chercher les cassettes vidéos
de Jarmusch dans les magasins aux États-Unis, vous les
trouveriez rangées parmi les films étrangers.
Le public américain ne soutient pas le cinéma
indépendant. Donc le plus difficile n'est pas d'arriver
à faire un film mais de réussir à le faire
exister auprès du public. Même si le cinéma
indépendant triomphe depuis une dizaine d'années,
par la richesse de ces productions, les circuits de distribution
et d'exploitation restent toujours aux mains des studios des
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États-Unis.
La formation universitaire
Depuis les années
soixante-dix, les universités américaines jouent
un rôle important dans la formation des techniciens du
cinéma. À l'université, les étudiants
ont accès aux chefs d'oeuvres du cinéma mondial,
sélectionnés par des critères autre que
le succès commercial du film. Il s'agit d'oeuvres d'avant-garde,
de documentaires, de fictions des États-Unis, du Japon,
d'Italie, d'Allemagne, de Russie, mais avant tout, de France.
Beaucoup sont les cinéastes indépendants--Tarantino,
Hartley, Jost, Rockwell--qui citent les films de Jean-Luc Godard
comme une influence majeure. À l'université se
trouve en même temps, bien sur, le matériel cinématographique--camera,
table de montage, appareil de son, éclairage--tout aussi
bien qu'une éthique de tournage peu chère. Plusieurs
sont les cinéastes indépendants qui travaillent
à l'université comme professeurs ou assistants
touchent ainsi au même matériel, plus souvent le
cas pour les documentaristes et les cinéastes de l'avant-garde.
Diversité
du cinéma indépendant
Le cinéma
indépendant montre un autre coté de la vie américaine
que celui montré par Hollywood, moins brillant mais plus
vaste dans son ensemble. Ce n'est pas par coïncidence que
les film indépendants viennent de régions des
États-Unis comme le Texas, l'Oregon, le Minnesota, et
le New York, très éloignés d'Hollywood.
Les différents états sont colonisés par
les images de la télévision et du cinéma
qui viennent presque exclusivement de Los Angeles et de New
York. Le cinéma indépendant cherche à briser
le monopole des studios et des réseaux de télévision
sur le paysage audiovisuel américain. Ces films parlent
de la richesse de la vie américaine dans toutes sa diversité;
un village construit autours d'un arrêt sur l'autoroute
du Nouvelle Mexique, un village au pays des mormons, le quartier
"hippie" au coeur de San Francisco. Par cinéma indépendant,
on entend les vrais accents du peuple américain de la
Nouvelle Louisiane à la Nouvelle Angleterre, de Chicago
à Miami sans le détour par les scenaristes et
les comediens d'Hollywood.
Ou bien, au coeur
même de Los Angeles, on tourne un film sur un sujet tabou,
comme la vie gai dans Together Alone
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ou sur les gangs hispaniques dans le dernier film d'Anders, Mi
vida loca. D'habitude, les metteurs en scène
indépendants préfèrent tourner sur les lieux
réels où se passent l'histoire au lieu de construire
en studio des décors artificiels; le paysage devient alors
presque un personnage dans le récit comme on voit dans
les travelling de Sure Fire, une histoire errante,
ou bien dans Gas, Food, Lodging, un poste sédentaire
avec un café, un hôtel, et de grandes caravanes domicilées.
Ce n'est pas un hasard si Allison Anders a assisté au tournage
de Paris, Texas de Wenders. Même si le film n'a pas
du tout l'air militant, Anders a insisté pour que la majorité
de ses techniciens soient des femmes. Elle souligne la différence
de son récit vis-à-vis des fictions d'Hollywood:
"Je me suis souvent demandée: si les femmes avait inventé
le cinéma les films auraient-ils la même structure
narrative qu'aujourd'hui? Les hommes voit la vie en tant que buts
à atteindre et soit ils réussissent soit ils échouent.
Les femmes établissent les objectifs mais tout change au
cours de l'accomplissement. Elles s'avancent par processus et
par instinct. Cela change la manière dont on raconte une
histoire."
Alors qu'Hollywood
reste ancré dans l'esprit de superproduction, faire des
images devient de moins en moins cher. L'éclatement de
la technologie en vidéo donne un élan vital au
mouvement indépendant. De plus en plus, des longs métrages
sont tournés en vidéo mais distribués sur
pellicule dans les salles de cinéma, renversant, si vous
voulez, le rapport traditionel entre les deux formats. À
la fin de Hearts of Darkness, un documentaire
indépendant sur le tournage d'Apocalypse Now,
Francis Ford Coppola réfléchit sur un avenir où
des chefs d'oeuvres seront tournés à la main,
avec une camera-vidéo de format amateur, par des jeunes
qui habitent loin des centres de production. Ceci est déjà
commencé bien que la distribution de ces oeuvres ne soit
jamais assurée.
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